Parfois, un mot est la goutte d'eau qui met le feu au poudre - comme dirait le maire de Champignac. En même temps le premier à dire qu'il n'est pas content est taxé de rassi, d'amer, d'aigri, voire de mal baisé mais là ça devient super pas poli d'un coup.



Une remarque innocente, un mail déplacé, une question rabâchée... et il y a des circonstances où j'ai pour l'humanité une haine aussi forte que l'amour sans borne que je lui porte d'autres jours. Pour tous, globalement, comme un tas informe de gélatine coagulée d'où seuls mes -très- proches émergent.
Dans ces instants-là, je pourrais m'enfermer dans une cave, arrêter de dessiner, de parler, de manger, de rire. Je pourrais juste respirer et laisser mon cerveau me faire pleurer.



Alors on me rétorque : mais oui forcément, tu t'exposes, tu es donc censée recevoir les critiques et tu dois les accepter. Tu montres et tu t'exprimes dans un espace public, tout le monde peut répondre. C'est la liberté. C'est normal. C'est le jeu.
Sauf que parfois le jeu n'est plus amusant.
Le jeu fait mal exprès, il blesse juste pour voir jusqu'où il peut aller. Et bien il n'a pas à aller loin. J'ai mal tout de suite, j'ai mal très fort et j'ai mal longtemps.



Parfois je me prends à rêver... Les gens voudraient être heureux et faire plaisir aux autres, recevoir et donner, des trucs trop de ouf utopistes qu'on avait dans la caboche enfant mais que tout le monde se fout de toi maintenant que tu es "grand". Qui offre sans attendre de retour ? Qui ne demande pas en contrepartie de ce qu'il semble avoir généreusement donné ? Monde de faux-cul égoïstes. Monde faux.
Je déteste cet égocentrisme faussement dissimulé : aidez-moi, je ne peux m'offrir cet objet vital dont j'ai trop besoin, ne pensons plus aux gens qui crèvent de faim - j'en parlerai dans un prochain post je vous promets- en attendant "allez déconnez pas j'ouvre un pay-pal, offrez-moi un épilateur d'oreille métallisé j'en ai trop envie, sans dèc sinon je suis mourue de sa race et je vous aime trop beaucoup".
Je ne peux même pas imaginer la honte que je ressentirais à demander simplement parce que j'ai la possibilité de le faire.
Ou est l'amour-propre, la décence ?



Bordel de merde regardez-vous, à demander, à supplier, à vous ridiculiser.
J'ai honte pour des gens que je ne connais même pas. Finalement, j'ai honte pour les humains, dont je fais partie, et qui sont trop cons.
Je ne suis pas fière d'être humaine.

Comme dit Mine : "Dieu va bien, il se repose et travaille actuellement sur un projet moins ambitieux".