Les pieds de plomb
mercredi 8 juillet 2009 à 10:37 - Peinturages

Lao-Tseu vante le silence comme une vertu première amenant à la sagesse, de même qu'Euripide ou Confucius.
Pour Robert Louis Stevenson, le silence dissimule les mensonges les plus cruels et Andreas Frangias en parle comme le plus corrosif des acides.
Francis Bacon le voit comme la vertu des sots et bazin le qualifie de plomb.
Que représente le silence, pour vous ?
Le blog des Souvenirs est pour vous...
> Derniers souvenirs ajoutés : ceux de kasia, de Julie, de Magali, d'Eulalie, d'Aly, de Claire et de Moclai.



























Bliblutages
Le silence, c'est l'apprentissage de la mort.
(ça en jette, comme formule
)
Bon alors, réfléchissons...
Par contre, si c'est un silence imposé par la méconnaissance, la peur, la rancune, la douleur, l'absence, l'isolement...faut faire quèqu'chose!
Personnellement, j'aime le silence...version Mimu! De plus, le silence nous permet de prendre conscience des minuscules bruits qui passent souvent inaperçus dans notre vie quotidienne et remplie de pollutions sonores. Belle journée à toi, remplie de doux bruits et de beaux silences.
le sujet me laisse sans voix...
le silence.. c'est quand mon fils de 5 ans est au lit..
C'est amusant, je vais probablement mettre les pieds dans le plat, mais il me semble que le silence est souvent masculin.
Une femme aura plus la franchise d'assumer ses actes et ses pensées et de les dire.
je vais me faire lyncher par la gente masculine, mais tant pis ça fait du bien de le dire
:))
Les courbes de ta peinture me font penser à un cheval couché...c'est beau.
Le silence...c'est à la fois le calme, la quiétude, le repos...et puis il peut aussi être notre pire ennemi s'il est une barrière à la communication, à l'échange.
Le silence total peut-être aussi terriblement angoissant ...les citadins qui viennent dans ma cambrousse flippent parfois à cause du silence
Héhé et puis comme Kacherry c'est aussi lorsque ma pipelette de fille est couchée!
Et toi cali?
j'aime le silence quand ma collègue éteint son vieux MAC qui fait un bruit d'avion au décollage;
j'aime le silence des églises, même si je n'y mets pas les pieds;
Il me fait peur quand je suis seule à la montagne et que tous les oiseau arrêtent de piailler, juste avant un orage;
je le hais quand tu poses une question et que tu n'as jamais la réponse...
Ta question est singulière, et la réponse me semble vaste. Par exmeple, "Le Cri" de Munch est une peinture, donc un objet inerte et silencieux, et on peut la regarder dans le plus grand silence. Mais la contempler provoque un hurlement intérieur qui me transperce. Certaines toiles de Bacon me font le même effet, tout comme le "Guernica" de Picasso. Or, dessiner (ou peindre) m'ouvre les portes d'une sorte de paix intérieure grâce à laquelle je peux, si je le veux, faire le vide tout autour de moi, et m'extraire du monde pour entrer dans le silence. C'est étrange... Peut-être y a-t-il plusieurs silences, ou alors il peut prendre plusieurs formes.
Ta nouvelle peinture est superbe. J'aime beaucoup cette tension verticale du corps cherchant à échapper à la pesanteur. C'est un beau sujet, avec une question qui ne cessera pas de me vriller les boyaux de la tête pour le reste de la journée.
Pour moi, le silence est un refuge. C'est quand il n'y a rien de menaçant autour. C'est un peu comme une feuille blanche, où on peut choisir d'écrire ou non. C'est une infinité de possibilités, le silence.
le silence... ça fait du bien quand on en a envie
le silence c'est un désir, quand il est présent on veut le briser et quand on est submergé par le bruit,on le voudrait.
Le silence, c'est ce qui me manque.
Quand j'aurai fait taire les mille et un reproches, doutes, images et frissons qui tourbillonnent en permanence dans ma tête... je serai tranquille.
Mais je serai morte.
Alors bon... :p
J'vous rechante un bout de "La grosse bite à Dudule " ?
J'aime quand il est là, entre deux personnes suffisamment intimes pour n'avoir besoin de rien d'autre...
Le silence, quand on est seul, c'est se confronter à soi-même, se réapproprier son monde et sa tête.
... quand on est seul(e)
Quand on n'est pas seul(e), le silence peut permettre de décanter, de temporiser, de ne pas réagir au quart de tour, de se remettre en question, de repenser la légitimité de ses valeurs et celles des autres, de mélanger, aérer les mots de l'autre et la colère ou les regrets qu'ils engendrent avec de beaux morceaux blancs de silence onctueux et des bouts de soi-même plus intemporel, moins instantané... attendre que les mots justes et lumineux sortent d'eux-mêmes...
"Du silence naît tout ce qui vit et dure; car c'est le silence qui nous relie à l'univers, à l'infini, il est la racine de l'existence et par là l'équilibre de la vie" Yehudi Menuhin
Merci pour vos réponses, vos impressions et sentiments...
En ce moment, je crois que j'ai envie de vous sentir là, à portée de mots...
Merci aussi à ABY, qui me retourne la question
A laquelle je ne répondrai d'ailleurs pas... parce qu'il y a tellement de formes de silences que je n'ai pas encore réussi à répondre à ma propre interrogation.
Oui Cali, il y a tellement de formes de silences, des bons, des doux et des violents. Trois ados tourbillonnants comme des chiens fous dans la maison, quand ils partent faire un tour... j'adore le silence dans la maison. Hier, je suis allée a l'enterrement de l'un d'eux et ce soir, je hurle dans le silence qui me fait peur. Le silence...
Tout garder pour mieux intérioriser.
Je suis tres touchee par cetet peinture, elle est si belle!
Et ca me touche que tu ais besoin de reactions...
Le silence, cela depend de mon etat d'esprit, en regle general, le silence est comme une mare d'eau fraiche dans ma tete apres le brouhaha de la rue, apres une soiree , ou apres le travail.
Mais certains silences me sont insupportables, ceux dans lesquels je peux tout imaginer (de pire bien sur), prisonniere de questions sans fin parce que sans reponses.
Ils sont cruels, je les asssocie a cette sollitude, comme si on etait la derniere personne vivante sur cette planete et personne avec qui partager quoi que ce soit.
Comme tu le dis Cali, il y a beaucoup de silences. Et tes lecteurs nous le rappelle. Voilà ceux auxquels je pense.
Le silence à table est malaise pour les uns, amusant pour moi. Parce que le silence à table est un tintamarre, une cacophonie de petits bruits. Ce silence est joueur.
Le silence de la foule est contemplatif, ou respectueux, ou choqué. Il n'est jamais anodin, au contraire, il surprend toujours par sa puissance.
Le silence de la nuit, c'est le retour des acouphènes. C'est un souvenir lointain, inaccessible, c'était le calme et la sérénité la plus profonde, aujourd'hui inaccessible.
Le silence me manque, mais pas cruellement. Je sais qu'il reviendra à son heure, qui sera aussi la mienne. La mort est la dernière définition que je donne au silence.
Le silence...
nécessaire pour la réflexion, la prise de conscience, la concentration, l'introspection ;
agréable et bienvenu pour une sieste, la glandouille dans l'herbe, les moments où tout bruit ou son serait de trop ;
insupportable quand on a besoin de mots, de signe de vie, de communication, que ça soit de la part d'une personne particulière ou en règle générale ;
tellement cool quand le bruit s'arrête, extraordinaire quand il est bien calé entre 2 notes de musiques, et tant de choses encore que j'oublie aujourd'hui
La question me touche, puisque je fais partie des lecteurs silencieux de ce blog – de ceux qui admirent en silence, et c'est une première réponse: le silence comme état de l'admiration, de la contemplation où l'on se perd dans ce qui est contemplé.
(Le silence comme hommage).
Ce silence n'est pas celui des arrière-pensées mortifères, des choses non dites mais pensées à voix haute à part soi: silence sans franchise auquel, je suppose, pensent Stevenson et les autres.
Faux silence: quand je me tais mais que je n'en pense pas moins, tous mes gestes trahissent ce que je pense, tout mon comportement devient le bavardage des pensées que j'ai gardées pour moi, et qui virent au ressentiment.
A moins que le silence du mépris ne soit la seule réponse digne à l'absurdité du monde et au silence de Dieu?
C'était la pensée de Vigny, dans La Mort du loup:
«À voir ce que l’on fut sur terre et ce qu’on laisse,
Seul le silence est grand; tout le reste est faiblesse. (…)
Gémir, pleurer, prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le Sort a voulu t’appeler,
Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler.»
et dans Le Mont aux Oliviers:
«S’il est vrai qu’au Jardin sacré des Ecritures,
Le Fils de l’Homme ait dit ce qu’on voit rapporté ;
Muet, aveugle et sourd au cri des créatures,
Si le Ciel nous laissa comme un monde avorté,
Le juste opposera le dédain à l’absence
Et ne répondra plus que par un froid silence
Au silence éternel de la Divinité.»
Vigny pensait que l'athéisme imposait le silence, et la parcimonie des paroles: s'il n'y a personne à qui adresser des prières, pourquoi parler?
Et à l'inverse: si nous parlons, si nous nous obstinons à répondre, – mais à qui? ou à quoi? –, c'est que nous ne sommes peut-être pas si athées que cela. Que nous croyons au verbe – à un Verbe qui nous porte et que nous relayons.
Mais quel paradoxe: pour expliquer la valeur du silence, il faut que je brise le silence.
Du coup, je montre que je n'accorde pas au silence une si haute valeur que cela.
Mais peut-être pas. Car il y a une façon de parler qui respecte le silence – une façon de parler qui entoure l'indicible, qui le fait apparaître, qui le protège, qui le montre sans le montrer.
«L’ineffable nous donne le pouvoir de parler», disait Maître Eckhart,
Je conclus là mon bavardage: sur cette parole qui suggère que le silence, c'est la source du dicible, – là où se ressource la parole, – le secret au cœur des mots.
Je vais répondre en silence...
...
...
...
...
Sans avoir lu toutes les réponses...
Le silence prends différents aspects selon les moments de nos vies qu'on traverse.
Pour ma part, actuellement, et depuis 6 mois maintenant je recherche le silence.
Car le silence c'est la paix de l'âme. Le repos du coeur.
Le silence, c'est le meilleur moyen de s'entendre soi.
Pour moi, en ce moment.
Toujours aussi magnifique Cali, bravo.
Le silence c'est le meilleur moyen d'écouter le bruit de son cœur et la musique de son âme.
En fait il n'y a pas de silence à qui sait écouter.
Le silence, c'est le seul moment où l'on peut s'écouter penser, être face à soi même. Je pense que c'est pour ça qu'il fait peur, souvent...
Moi je sais bien, et depuis longtemps, que vos œuvres ont en elles-mêmes un silence d'un grain très particulier fait de douceur et de couleurs (par opposition au silence "blanc"). A leur contact l'esprit s'apaise, se recentre. L'on est capté et les mots eux-mêmes (quoique je sois ici bavard...) n'ont plus de raison d'être... C'est un bonheur de cheminer dans vos pages (et votre humour ajoute encore au plaisir... Et là-dessus je balance, comme vous dites, "avec grâce...")
Oh! C'est beau!