Née de la glaise
mercredi 21 juillet 2010 à 15:54 - Peinturages
Le fait de vouloir remodeler son corps nait-il de ce que nous renvoient les autres ou de la vision que l'on a de soi ?

"Modelages n°1" - Peinture numérique - 40x40cm - autoportrait
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Bliblutages
bonjour,
vous pourriez expliciter "ce que nous renvoient les autres", svp ? comment mon regard sur l'autre modèle mon regard sur moi ? ou la vision que l'autre a de moi ? si c'est le dernier cas, je reporterais la question sur l'acceptation.
(pardon d'être un peu bête... XD )
arnaud : ce n'est pas du tout bête comme question et l'interprétation est libre... (pour moi, c'est + "comment je me vois à travers le regard que me renvoient les autres")
J'adore ce cou qui part en sucette...
libre interprétation du regard de l'autre ?
le remodelage transforme mon corps selon la manière dont l'autre me regarde ? ou figure mon corps à l'image que l'autre se fait de moi ? (c'est pas la même chose ? XD )
excusez mon "délire", mais ce sujet m'intéresse, aimant le figuratif.
concours de titre alternatif ? quel regard est à l'origine de ce remodelage ? envie furtive ?
mais sacrée mise-en-abime lorsqu'on se retrouve à regarder l'oeuvre ! ;o)
en tout cas, merci.
arnaud : Libre interprétation de ma phrase, plutôt...
Le regard sur soi n'est jamais objectif... celui qu'on porte sur les autres non plus et celui qu'on croit voir de soi dans le regard des autres encore moins ! Donc vaste sujet (qui m'intéresse aussi beaucoup) où il est question de soi par rapport... à soi et au monde.
riri : chupa-mode ?
et associée à une chanson : "vénus" de jean-louis murat.
entre autre, pour "ta langueur cramoisie languissant sur mon sein"
Tu as bien résumé là une idée qui me traverse souvent l'esprit.concernant la subjectivité du regard qu'on porte sur soi ou sur les autres. Vaste sujet que la question posée, et à laquelle l'élastique et superbe sinusoïde de cette composition offre sinon une réponse, du moins une piste de réflexion (é)mouvante.
Moi je dis, pour répondre à ta question : les deux mon général !![8]](/dotclear/themes/default/smilies/incognito.gif)

Pfffffffffffffffiou j'ai bien fait travailler mon cerveau, j'ai bien mérité un petit carré de chocolat
Merci Cali
Dommage de lancer cette superbe peinture philosophique dans une période de désertitude estivale. Les internautes qui sont en vacances ne pourront pas en profiter ni se poser cette question essentielle !
La vision que l'on a de soi n'est-elle pas subjective par définition, mais n'est-elle pas aussi influencée par le regard des autres ? Ne serait-ce que parce que l'on a tendance à se comparer aux "modèles" que l'on voit dans les médias, à obéir aux diktats de la mode (qui d'ailleurs changent avec les époques) ? Vouloir leur ressembler, c'est avoir envie de plaire aux autres, et par ricochet à soi-même...
tenter de rester soi, préserver l'essentiel

je pense que souvent une harmonie nait de deux failles qui se reconnaissent et se serrent ensemble pour former une force "existence ciel"
English Cali
(I mean : une Cali en glaise)
Pour enchaîner sur l'interrogation de Kiki, tout, sur ce sujet, est subjectif : ce que l'on perçoit de soi comme ce que l'on perçoit des autres et de ce que ces autres pensent (penseraient) de nous. Et tout ça au travers du petit cerveau qui s'est construit , structuré au fil de notre vie, de nos expériences.
Donc, à la question posée, je réponds : les deux, mon capitaine, car les deux sont indissociables. Si on se modèle, c'est pour tenter de ressembler à un idéal. Mais cet idéal, cette image, n'a pas surgi ex-nihilo dans notre esprit. Elle est une réponse de notre cerveau à notre environnement, aux autres, quoi : à ce qu'ils sont, à ce qu'ils font, aux idéaux sociaux du moment ou du passé et, par le biais de notre désir d'intégration à cet ensemble social, à ce que nous percevons de ce qu'il nous renvoie sur nous-même.
(attention : si vous voyez dépasser un fil dans ce qui vient d'être écrit, ne tirez pas dessus, ça resserrerait le nœud
)
Riri > tu veux lécher le cou de Cali ?
je place la question au-delà du modèle, du "modelage", puisque sur le "re-modelage".
réappropriation du diktat de kiki ? le modèle et son ersatz ne sont rien sans le diktat. comme le regard (vous savez, là où se trouvent tellement de choses, telles que la beauté) fait exister le "regardant" et le "regardé". question quête de "vérité", en demande de respect du lien (qui ne sera ainsi jamais un diktat) ?
et ensuite arrive l'oeuvre. et ensuite on la re-garde.
très intéressant.
merci.
et de penser au "safe from harm" de massive attack : 'I was lookin' back to see if you were lookin' back at me to see me lookin' back at you."
Soyons un peu concret...
, j'aime plutôt le sport et j'apprécie l'esthétique d'un corps musclé. Du coup (je ne sais pas lequel de ces deux points en est la raison principale), je me tape des pompes régulièrement le matin (=> remodelage).
Tiens, moi par exemple
J'ai donné plusieurs fois comme raison possible le fait que je lisais des comics à l'adolescence, avec leurs super-héros super baraqués (=> influence sociale, canons de beauté...).
La question bonus est : "pourquoi ces bouquins et leurs canons esthétiques me plaisaient tant ? pourquoi ai-je été attiré par eux ?" Il y avait forcément un terreau, une prédisposition, pour ne pas dire une attente (=> choix propres, critères personnels).
Le hic, c'est que je ne vois rien de particulier dans mon enfance, dans mon entourage d'alors, qui ait pu développer ce gout. D'où vient-il alors ? (=> caractère propre ? génétique ? homosexualité latente - ce qui revient au point précédent ? signe astrologique ?).
Et là, on tient un point que je n'avais pas évoqué lors du précédent com : le cerveau n'est pas que le modelage d'un matériau neutre. Son matériau est propre à chacun et cette particularité initiale compte (environ pour moitié) dans son comportement futur.
Donc la réponse reste toujours "les deux, mon capitaine" mais voit augmenter le rôle du "soi" et celui des autres réduire d'autant
Vaste sujet - le regard est le miroir de l'âme, et le modèle, un exemple approchant qui varie selon le jeu des miroirs, mise en abyme de réflexion...et quète de beauté absolue...voyez la statuette de brassempouy, la vénus de milo, le buste de nefertiti, les odalisques et vénus en général, et enfin l'origine du monde de courbet...tout est subjectif...mais ce désir de remodelage est finalement constant à n'importe qu'elle époque et n'importe quelle société. Ce qui fait la richesse de notre monde.