1. Elle avait des cheveux de soie, par ManOu
Elle avait des cheveux de soie. Noirs, longs, souples. Chacun des cheveux qui encadraient son visage était un fil de soie, sa frange était la gardienne de ses yeux. Elle était étendue sur le dos, les bras relevés, et même comme ça, immobile, elle était émouvante.
J’aurai voulu peindre sur son ventre et sur les draps, déborder hors de ses contours. J’aurai voulu marquer la hanche, la main nonchalante et la mèche de cheveux. Une empreinte de son corps à l’aquarelle ou à l’encre de Chine. J’aurai voulu photographier ses joues, ses ongles, le creux de ses genoux, chaque centimètre carré de ses bras. Ces endroits qui n’ont d’intérêt pour personne d’autre que pour moi.
Elle s’est mise à fredonner un air enfantin. Elle sifflait entre ses dents, l’air absent et j’ai cru un instant qu’elle flottait dans les airs, les yeux mis clos. J’ai cru, oui j’ai cru, que cette puissance supérieure qui semblait l’accabler l’avait un instant arrachée au sol. Cette tension qui soudain se relâchait, ce silence qu’elle déchirait lentement c’était un petit miracle. C’était la vibration sonore, l’interstice entre ses lèvres, son léger souffle. C’était sa bouche qui s’ouvre et qui se ferme, qui découpe une syllabe et puis une autre.
Et puis plus rien. Un putain de moment suspendu.
Et enfin il ya eu un second miracle. Elle a prit la guitare le long du mur. Elle a prit la guitare et c’était sa main sur le bois, ses doigts sur les cordes, la courbe de sa nuque et ses cheveux dans le vide. C’était son corps plaqué contre le contre-plaqué, contre l’arbre laqué. Elle a sifflé un air guilleret et sa main s’est agité. Sa main a cherché les cordes, elle a fouillé les pleins et les déliés, les creux et les bombés, elle a fait résonner la pièce.
Elle était la muse et la Pythie, l’artiste et l’œuvre. Elle était l’Art.
Ma seule chance.

J’aurai voulu peindre sur son ventre et sur les draps, déborder hors de ses contours. J’aurai voulu marquer la hanche, la main nonchalante et la mèche de cheveux. Une empreinte de son corps à l’aquarelle ou à l’encre de Chine. J’aurai voulu photographier ses joues, ses ongles, le creux de ses genoux, chaque centimètre carré de ses bras. Ces endroits qui n’ont d’intérêt pour personne d’autre que pour moi.
Elle s’est mise à fredonner un air enfantin. Elle sifflait entre ses dents, l’air absent et j’ai cru un instant qu’elle flottait dans les airs, les yeux mis clos. J’ai cru, oui j’ai cru, que cette puissance supérieure qui semblait l’accabler l’avait un instant arrachée au sol. Cette tension qui soudain se relâchait, ce silence qu’elle déchirait lentement c’était un petit miracle. C’était la vibration sonore, l’interstice entre ses lèvres, son léger souffle. C’était sa bouche qui s’ouvre et qui se ferme, qui découpe une syllabe et puis une autre.
Et puis plus rien. Un putain de moment suspendu.
Et enfin il ya eu un second miracle. Elle a prit la guitare le long du mur. Elle a prit la guitare et c’était sa main sur le bois, ses doigts sur les cordes, la courbe de sa nuque et ses cheveux dans le vide. C’était son corps plaqué contre le contre-plaqué, contre l’arbre laqué. Elle a sifflé un air guilleret et sa main s’est agité. Sa main a cherché les cordes, elle a fouillé les pleins et les déliés, les creux et les bombés, elle a fait résonner la pièce.
Elle était la muse et la Pythie, l’artiste et l’œuvre. Elle était l’Art.
Ma seule chance.


Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.